Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelques caractéristiques d'une église locale selon le Nouveau Testament

J.-P. Berney

Autrefois, vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur (Eph. 5 8)

 I. UNE COMMUNION ENTRE LES ENFANTS DE DIEU SEULEMENT

  1. Dieu divise avant d'unir. Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres (Gen. 1 : 4). A travers toute la Bible, nous trouvons ces deux grands symboles: la lumière et les ténèbres. Dieu est lumière. Satan et la puissance du mal sont symbolisés par les ténèbres. Dieu, et ce qui est de Dieu, ne peut cohabiter avec le mal. « Autrefois vous étiez ténèbres, maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Mar­chez comme des enfants de lumière! » (Eph. 5 8). Notre conduite doit prouver ce que nous sommes.
  2. Il faut avoir reçu le Saint-Esprit. « Si quelqu'un n'a pas l'Esprit de Christ, il ne lui appartient pas » (Rom. 8: 9), « Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps...» (I Cor. 12:13). Tous les croyants, mais les croyants exclusivement, ont reçu le Saint-Esprit et ont été ajoutés à l'Eglise universelle (Act. 2 : 47).
  3. L'assemblée ou église locale doit être une réplique de l'Eglise uni­verselle. Cette dernière est composée uniquement des saints (ou sanctifiés). Les assemblées locales, bibliques, sont appelées « les églises des saints » (I Cor. 14 : 33).

   Tout ce qui porte à effacer la distinction entre les sauvés et les per­dus ne vient pas de Dieu. C'est Satan qui est l'auteur du mélange et de la confusion (Mat. 13 : 24-40). Il ne faut pas confondre l'Eglise, corps de Christ, et la chrétienté. Cette dernière englobe aussi bien les croyants sincères que les professants qui n'ont pas la vie divine. Cela ne Justifie pas l'entrée dans l'église locale, selon le Nouveau Testa­ment, de personnes qui n'ont pas donné une preuve suffisante de con­version. Une église qui met sur le même pied des chrétiens et des in­convertis est en désaccord avec l'enseignement de la Parole de Dieu.

   Il appartient aux responsables d'une église locale d'examiner si quel­qu'un est né de nouveau, avant de baptiser et de recevoir cette per­sonne dans l'assemblée. L'Ecriture nous donne cet ordre : « Ne vous mettez pas avec les infidèles (ou incrédules - Darby) sous un joug étran­ger » (2 Cor. 6 :14 et contexte). Scofield note : littéralement « Ne for­mez pas avec les incroyants un attelage disparate ».

II. CHAQUE ASSEMBLÉE LOCALE EST INDÉPENDANTE

   Dans le Nouveau Testament, le principe de l'autonomie de chaque église locale ressort clairement en lisant les lettres aux sept églises d'Asie (Apoc. 2 et 3). Elles étaient toutes dans la même région, sans qu'il soit question d'un gouvernement central. Chaque église locale est responsable directement envers le Seigneur Jésus-Christ, le chef (la tête). Lui, le Seigneur, est le chef de l'Eglise universelle et de chaque église locale.

   On ne trouve pas, dans la Parole de Dieu, une union ou association d'églises qui formeraient, ensemble, l'église nationale d'un pays ou d'une province. Nous y trouvons des expressions telles que: « les églises de la Galatie » (Gal. 1 : 2); « les églises d'Asie » (1 Cor. 16:19); « les églises.., dans la Judée» (1 Thess. 2:14). Ce ne sont pas des « associations ».

   Le modèle si simple de la Parole de Dieu est toujours mieux que les organisations humaines. Dans les systèmes créés par les hommese lorsque la tête se corrompt, l'ensemble ne tarde pas à suivre. C'est ainsi que la plupart des grandes « dénominations » sont devenues mo­dernistes (ou: rationalistes, avec des variantes), et font aujourd'hui partie du Conseil Oecuménique des Eglises, lequel a pour objectif final la réunion de toutes les religions.

   Nous savons par l'Ecriture que cela va conduire à l'apostasie (2 Thes. 2 : 3). « Sortez du milieu d'elle, mon peuple, afin que vous ne partici­piez pas à ses péchés, et que vous n'ayez point part à ses fléaux » (Apoc. 18 : 4; cp. Cor. 6:17).

   L'absence d'un système d'organisation supra-ecclésiastique ne signi­fie pas le désordre et l'absence de cohésion et de communion entre les assemblées. Un croyant mis sous discipline pour des raisons bibliques dans une assemblée ne doit pas être reçu pour la sainte-cène dans une autre assemblée. A l'époque du Nouveau Testament, ceux qui voya­geaient apportaient avec eux une lettre de recommandation, ce qui con­tribuait à maintenir l'harmonie et l'ordre entre les églises locales.

   Les croyants plus privilégiés d'une région aidaient ceux d'ailleurs qui étaient moins favorisés. Le Nouveau Testament nous présente des égli­ses locales indépendantes et autonomes, mais liées par le Saint-Esprit, sans organisation hiérarchique.

III. DIRECTION PAR DES ANCIENS

   La distinction entre « laïques » et « clergé » est inconnue dans le Nouveau Testament. Le mot « clergé » vient du grec « klèros » qui a été traduit: partage ou héritage, dans I Pierre 5 : 3. Il se réfère a tout le peuple de Dieu qui appartient au Seigneur. Le mot « laïque » vient du grec « laos » et signifie : les gens communs.

   Selon le Nouveau Testament, une assemblée locale parvenue à sa maturité est gouvernée par des anciens, et non par un seul homme. Les anciens (grec: presbuteros) sont appelés aussi évêques ou surveillants (grec : episkopos, littéralement: celui qui regarde sur) ou encore con­ducteurs (Héb. 13: 7,17, 24).

   Dans le Nouveau Testament le mot « pasteur » (ou: berger) désigne, outre le Seigneur Jésus, un don spirituel (Eph. 4 :11). Le ministère d'un pasteur est intimement lié à celui d'un ancien, avec toutefois une dif­férence. Celle-ci réside dans le fait qu'un « pasteur » désigne un don spirituel alors que le mot « ancien » désigne une charge (1 Tim. 3:1). Un chrétien peut exercer un ministère pastoral sans être nécessaire­ment un ancien reconnu dans son assemblée locale. La responsabilité des anciens se limite à une église locale, alors qu'un pasteur peut exer­cer un ministère plus étendu.

   Ne commettons pas l'erreur de croire que les pasteurs, dans le sens biblique, sont toujours des « ouvriers à plein temps ». Un frère qui ga­gne sa vie en travaillant de ses mains, mais qui a un coeur de berger pour visiter les chrétiens, aider les faibles, encourager les éprouvés, exhorter ceux qui s'éloignent de la foi et le don pour nourrir le trou­peau, accomplit un ministère pastoral.

   Les qualifications pour les anciens sont clairement dônnées dans I Tim. 3:1-7 et Tite I : 5-9. Ils doivent avoir de l'autorité morale et de la maturité.

   On ne devient pas ancien le lendemain de sa conversion. Pour être ancien, un frère doit être fidèle, or la fidélité sous-entend le passage du temps. En plus de l'étude et de la méditation de la Parole de Dieu, ce sont les épreuves, les tentations et l'école de la vie qui forment les anciens. Un des plus grands besoins parmi le peuple de Dieu aujour­d'hui, c'est d'avoir de véritables anciens, avec un coeur de berger. Nos soeurs en Christ ont aussi un rôle à jouer dans ce domaine, car un hom­me peut être grandement influencé par son épouse et un homme ne peut pas être mieux que sa femme ne lui permet d'être.

IV. MAINTIEN DE LA SAINE DOCTRINE ET DE LA DISCIPLINE

   Paul écrit à Timothée que l'Eglise est la colonne et l'appui de la vé­rité (1 Tim. 3 5). Le contexte démontre que ce passage est relatif à l'assemblée locale, la maison de Dieu, dans laquelle on ne peut pas se conduire n'importe comment, que ce soit pendant les réunions ou en dehors de celles-ci. Le temple de Dieu est saint, c'est-à-dire séparé du péché et consacré à Dieu (1 Cor. 3:17).

   Les responsables d'une assemblée doivent veiller a ce que la sainé doctrine soit jalousement gardée. Pour cela, il faut que tous les croyants non seulement lisent, mais étudient les Saintes Ecritures, afin d'être gardés des séductions de l'Adversaire, le diable. Satan n'attaque pas toujours comme un lion, mais il s'infiltre comme un ange de lumière pour corrompre l'oeuvre de Dieu (2 Cor. 11:13-15). Il est à relever que toute erreur qui porte atteinte à l'inspiration et l'autorité des Saintes Ecritures et à la Personne du Seigneur Jésus-Christ est particulièrement grave. La pente qui mène à la chute peut être très progressive, mais finalement le caractère du mal est dévoilé et ses conséquences évidentes; hélas! la réaction vient souvent trop tard, quand un grand nombre a déjà été séduit et égaré. L'Ecriture met en garde contre ceux qui « par des paroles douces et flatteuses séduisent les coeurs des sim­pIes » (Rom. 16:18).

Le péché apparaît sous deux caractères: 

  1. Le mal moral (comme chez les Corinthiens).
  2. L'erreur doctrinale (comme chez les Galates et les Colossiens).

   Les assemblées locales sont responsables de maintenir une disci­pline. Il n'y a pas de disciples sans discipline. Le Seigneur adresse des reproches aux églises qui tolèrent de fausses doctrines, du désordre ou du péché, et donne son approbation à celles qui se séparent du mal sous toutes ses formes (Apoc. 2 : 2, 7,14, 15, 20).

   La phrase « que chacun s'éprouve soi-même (1 Cor. 11: 28) a été souvent mal interprétée parce qu'on la cite en dehors de son contexte. Elle ne saurait être mise en avant pour prétendre que l'église locale ne doit pas juger le mal.

   Le Nouveau Testament nous enseigne que la discipline dans l'église consiste à conseiller, avertir, relever, reprendre ceux dont la conduite laisse à désirer, ceux qui s'écartent de la saine doctrine, et même à « juger » ceux qui ont commis une faute grave qui porte atteinte au té­moignage.

Voici quelques références bibliques (notez les 4 « R »!)

Réconcilier deux frères en désaccord - Mat. 18:15-18; I Cor. 6:1-9.

Redresser celui qui est tombé - Gal. 6:1-3; Rom. 15:1,2; Héb 10:24.

Reprendre ceux dont la conduite est répréhensible ou qui sont tombés dans l'erreur - I Thess. 5:14, 15; I Tim. 1:3,4; Tite 1:10,11.

Retrancher ceux qui ont le caractère de « méchants » ou qui persistent dans de fausses doctrines - I Cor. 5 : 9-13; Rom. 16:17, 18; 2 Thess. 3:6-15; Tite 3:9-11; 2 Jean 7:11.

   Il faut se souvenir que la discipline a pour but la Restauration (un au­tre « R ») de celui qui s'est égaré. Par contre, le manque de discipline agit comme le levain qui se répand dans toute la pâte. Toute l'assem­blée peut en être affectée, si pas infectée (1 Cor. 5: 6, 7; Gal. 5: 7-12).

V. LIBERTÉ POUR L'EXERCICE DES DONS SPIRITUELS

   Les réunions de l'église primitive avaient pour arrière-plan le service dans la synagogue. Chez les Juifs, le droit de prendre la parole n'était pas réservé à un seul homme. Il y avait la liberté de s'exprimer pour plusieurs qui avaient quelque chose à dire, de la part de Dieu.

   Lorsque Jésus visita la ville où il avait été élevé, on lui offrit de pren­dre la parole dans la synagogue (Luc 4:16-30). De même pour Paul et ses compagnons, lorsqu'ils assistèrent au service dans la synagogue à Antioche de Pisidie (Act. 13:14-16, 42). A maintes reprises nous li­sons que les premiers missionnaires eurent l'occasion de prendre la parole dans le temple ou dans des synagogues. Aucune ordination n'é­tait requise.

   Il est important de garder en mémoire ce qui précède, car pour l'égli­se locale, le Saint-Esprit n'a pas introduit quelque chose de différent pour le ministère. Dieu, dans sa sagesse, a maintenu cette liberté d'ex­pression pour les frères qui ont une parole d'exhortation à adresser aux croyants réunis en assemblée (1 Cor. 14).

   Cela ne veut pas dire que tous les frères sont appelés à enseigner. C'est une responsabilité qu'il ne faut pas assumer à la légère. Jacques nous met en garde : « Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement » (Jac. 3 :1).

   L'homme tombe facilement dans un extrême. Certaines églises ont un « pasteur » engagé et payé pour tout faire, alors que dans d'autres, tout le monde se pense qualifié pour dire n'importe quoi, à n'importe qui, n'importe quand, et souvent sans profit. Attention: pas de hiérar­chie n'est pas synonyme d'anarchie !

Tout doit être réglé par le Saint-Esprit, conformément aux Ecritures, lesquelles donnent certaines règles pour les réunions de l'église:

1. « Que tout se fasse pour l'édification » (1 Cor. 14 : 26). Si un frère parle habituellement sans édifier, il doit être averti dans un esprit de grâce. Dire quelque chose n'est pas toujours avoir quelque chose à dire !

2. « Que tout se fasse avec bienséance et avec ordre » (1 Cor. 14 : 40). Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Des réunions où tout le monde parle ensemble et dit tout ce qui lui passe par la tête ne sont pas conformes à ce passage.

3. « Que toutes choses parmi vous se fassent dans l'amour » (1 Cor. 16:14). Cette exhortation, bien qu'elle ne se trouve pas dans le chapi­tre qui parle des réunions de l'église, est aussi à propos ici. L'amour doit être notre motivation en toutes choses, car il cherche le bien des autres.

VI. LES DONS NE S'EXERCENT PAS SEULEMENT PENDANT LES RÉUNIONS

   Nous sommes tous, frères et soeurs, membres d'un corps et tous les membres ont un don, une fonction à remplir dans le corps. Il faut distinguer les dons spirituels des talents naturels, bien qu'il y ait sou­vent un lien entre les deux.

   Lorsqu'on parle des dons spirituels, la plupart des chrétiens pensent immédiatement aux dons miraculeux ou au don de prêcher et d'ensei­gner publiquement la Parole de Dieu. C'est une erreur, car il y a de nom­breux autres dons. Il est important de comprendre qu'un don spirituel n'est pas nécessairement une capacité extraordinaire ou une puissance qui éblouit le monde. C'est simplement l'habileté, donnée à chaque croyant, de remplir une fonction dans le corps de Christ, pour le bien de l'ensemble.

   Un don plus évident n'est pas la preuve d'une vie intérieure plus pro­fonde ou d'une spiritualité supérieure. Dans l'Ancien Testament, Sam­son avait une force extraordinaire, don de Dieu, mais il agissait souvent comme un insensé. Paul dit aux Corinthiens : « Vous ne manquez d'au­cun don », mais il n'a pas pu leur parler comme à des hommes spiri­tuels, mais comme à des hommes charnels, des enfants en Christ (1 Cor. 1 : 7; 3:1-3).

   Voici quelques exemples de dons auxquels on ne pense peut-être pas souvent, mais qui contribuent au bon fonctionnement du corps: une jeune fille qui enseigne l'école du dimanche; un jeune homme qui exer­ce une bonne influence sur le groupe de jeunes; une chrétienne âgée qui est peut-être retenue à la maison, mais qui prie pour les membres de la communauté et les missionnaires ; un chrétien qui n'a pas le don de parler en public, mais la capacité de contacter des individus pour leur parler du Seigneur; une soeur ou un frère qui a une parole à pro­pos pour encourager un croyant découragé; un chrétien qui a le don de discerner les esprits ; une soeur qui a une sensibilité développée et qui peut aider un chrétien rétrograde avant que d'autres ne s'en aperçoi­vent; un frère qui a une parole de sagesse pour éviter une mauvaise décision dans une réunion administrative ; une chrétienne qui par son sourire ou son regard paisible peut communiquer la joie du Salut à un chrétien pessimiste; une soeur ou un frère qui a une parole à propos pour mettre en garde un ami en danger de faire un faux pas ; un frère qui a une poignée de main chaleureuse pour de nouveaux venus à l'église; une soeur qui est remplie de reconnaissance et qui ne se plaint jamais, etc. La liste est loin d'être complète, car vous avez peut-être un autre don... que vous devez trouver et développer pour la gloire de Dieu et le bien du prochain.

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :