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Extrait de "Le Christianisme paganisé"

Les origines de nos pratiques modernes d'églises

Par Frank A. Viola

 

CHAPITRE 4

PASTEUR: VOLEUR DE

FONCTIONNEMENT DE CHAQUE MEMBRE

C'est une tendance universelle dans la religion chrétienne, comme dans beaucoup d'autres religions, de donner une interprétation théologique aux institutions qui se sont développées graduellement sur une période au nom de la practique, et d’intégrer cette interprétation dans les périodes primitives et d'enfance de ces institutions, les rattachant à un âge où en fait personne n'aurait imaginé qu'ils auraient eu une telle signification.

- Richard Hanson

Le pasteur

II est la figure fondamentale de la foi protestante. Il est le chef, le cuisinier, et le lave-vaisselle du christianisme moderne. Le pasteur domine à ce point dans les esprits de la plupart des chrétiens qu'il est plus reconnu, plus fortement admiré, et plus fortement approuvé que Jésus-Christ lui-même !

Retirez le pasteur et le christianisme moderne s’effondre. Retirez le pasteur et pratiquement chaque Église protestante est jetée dans la panique. Enlevez le pasteur et le protestantisme comme nous le connaissons meurt. Le pasteur est le point focal, le fondement principal, et la pièce maîtresse de l'Église moderne. Il est l'incarnation du christianisme protestant.

Mais voici l'ironie profonde. Il n'y a pas un seul verset dans tout le NT qui supporte l'existence du pasteur moderne ! Il n’existe simplement pas dans l'Église primitive.

(Notez que j'emploie le terme «pasteur» dans tout ce chapitre

pour dépeindre le titre et le rôle du pasteur moderne. Je ne parle pas des individus spécifiques qui remplissent ce rôle. Généralement, ceux qui servent sous le titre de pasteur sont des personnes merveilleuses. Ils sont des chrétiens honorables, décents, et souvent doués qui aiment Dieu et ont une ardeur pour servir son peuple. Mais c'est le rôle qu'ils accomplissent que Les Écritures et l’histoire de l'Église contredisent, c’est ce que ce chapitre montrera.)

Le pasteur est dans la Bible… vraie ?

Le Terme «pasteur» apparaît dans le NT:

Et il a donné les uns comme apôtres, et les autres comme prophètes, et comme évangélistes, et comme PASTEURS et docteurs (Éphésiens 4:11,).

Les observations suivantes doivent être faites au sujet de ce texte.

C Ici est le seul verset du NT où le terme «pasteur» est employé .Un seul verset est une preuve maigre sur laquelle on puisse fonder la foi protestante au complet! À cet égard, il y a plus de support biblique pour la manipulation de serpents qu'il y en a pour le pasteur moderne. (Marc 16:18 et Actes 28:3 - 6 mentionnent tous les deux la manipulation des serpents. Ainsi la manipulation de serpents l’emporteà deux versets contre un.)

C Le terme est employé dans le pluriel. C'est «pasteurs.» Ce qui est significatif. Quels que puissent être ces «pasteurs», ils sont pluriels dans l'Église, non singuliers. En conséquence, il n'y a aucun support biblique pour la pratique de Sola Pastora (pasteur unique).

C «Pasteur» traduit le terme grec poimen. Il signifie berger. («le pasteur» est le terme latin pour le berger.) «Le pasteur,» donc est une métaphore pour décrire une fonction particulière dans l'Église. Ce n'est pas un office ou un titre.  Un berger du premier siècle n'avait rien à voir avec le sens spécialisé et professionnel qu'il a revêtu dans le christianisme moderne. Par conséquent, Éphésiens 4:11 ne dépeint pas un titre pastoral, mais uniquement un rôle de plusieurs fonctions dans l'Église. Les bergers sont ceux qui fournissent naturellement la nourriture et les soins aux brebis de Dieu. C'est une erreur profonde, donc, de confondre des bergers avec un office ou un titre comme c’est généralement le cas aujourd'hui.

C Tout au mieux, ce texte est oblique. Il n'offre absolument aucune définition ou description de ce que sont les pasteurs. Il les mentionne uniquement. Regrettablement, nous avons rempli ce terme de notre propre concept occidental de pasteur. Nous avons intégré le concept moderne du pasteur dans le NT. Jamais dans l'imagination d'un homme ayant des hallucinations ne verrait un chrétien du premier siècle imaginer l’office pastoral moderne ! Les catholiques ont fait la même erreur avec le terme «prêtre.» Vous trouvez le terme «prêtre» employé trois fois dans le NT pour se rapporter à un croyant . Pourtant un prêtre dans l’Église primitive n’avait rien de l'homme qui s'habille en noir et qui porte un collet renversé !

Richard Hanson fait le point quand il dit, «Pour nous les mots évêques, prêtres, et diacres sont stockés avec les associations de presque deux mille ans. Pour les gens qui les ont employés la première fois, les titres de ces fonctions peuvent avoir signifié un peu plus que des inspecteurs, des hommes plus âgés et des aides… c’est quand la signification théologique peu convenable a commencé à leur être attachée que la déformation du concept du ministère chrétien a commencé.»

Dans mes livres Rethinking the Wineskin et Who is Your Covering?, Je prouve que les bergers du premier siècle étaient les anciens locaux (presbytres) et des surveillants de l'Église . Et leur fonction était complètement en désaccord avec le rôle pastoral moderne.

D'où est-il venu ?

Si le pasteur moderne était absent de l'Église primitive, d'où est-il venu? Et comment s'est-il élevé à une position aussi importante dans la foi chrétienne ? C'est un conte douloureux, dont les racines sont embrouillées et complexes. Ses racines remontent à la chute de l'homme.

Avec la chute est venu un désir implicite chez l'homme d'avoir un chef physique par lequel il puisse s’approcher de Dieu. Pour cette raison, les sociétés humaines à travers l'histoire ont constamment créé une caste spirituelle spéciale d’icônes religieuses. Le chaman, les shamans, le rhapsodist, le faiseur de miracle, le sorcier, le devin, le sage-homme, et le prêtre ont tous étés avec nous depuis la bourbe d'Adam.

L'homme déchu a toujours eu le désir d'ériger une caste sacerdotale particulière qui soit spécialement douée pour solliciter les dieux en son nom.Cette quête est dans notre sang. Elle vit dans la moelle de nos os. En tant que créatures déchues, nous cherchons une personne qui soit dotée de pouvoirs spirituelles particuliers. Et cette personne se démarque toujours par une formation spéciale, une tenue particulière, un vocabulaire spécifique, et un mode de vie exceptionnel.

ous pouvons voir cet instinct sortir sa tête hideuse dans l'histoire de l'Israël antique. Il a fait son apparition pendant la période de Moïse. Deux serviteurs du Seigneur, Eldad et Medad, reçurent l'esprit de Dieu et commencèrent à prophétiser. Dans sa réaction précipitée, un jeune fanatique pressa Moïse «deles en empêcher !» Moïse réprimanda le jeune réprobateur en affirmant que tout le peuple de Dieu peut prophétiser. Moïse se plaça contre un esprit de cléricalisme qui essayait de contrôler le peuple de Dieu.

Nous le revoyons quand Moïse est monté sur Horeb. Le peuple voulait que Moïse fût un médiateur physique entre eux et Dieu. Pour eux, ils craignaient une relation personnelle avec le Tout-Puissant.

Cet instinct déchu se manifesta de nouveau pendant la période de Samuel. Dieu voulait que son peuple vécût directement sous son Autorité. Mais Israël réclamait un roi humain à la place.

Les graines du pasteur moderne peuvent même être détectées dans l'ère du NT. Diotrephes, qui «aimait la prééminence» dans l'Église, a d’une manière illégitime pris la commande de ses affaires.  En outre, quelques érudits ont proposé que la doctrine des Nicolaitains que Jésus condamne dans la révélation 2:6 soit une référence à l'élévation d'un clergé primitif.

Avec la recherche de l'homme déchue pour un médiateur spirituel humain vient sa hantise pour la forme de direction hiérarchique. Toutes les cultures antiques étaient hiérarchiques dans leurs structures sociales à un degré ou un autre. Malheureusement, les chrétiens postapostoliques ont adopté et adapté ces structures dans leur vie d'Église comme nous le verrons.

La naissance de la Règle de l'Évêque Unique

Jusqu'au deuxième siècle, l'Église n'avait aucune direction officielle. À cet égard, les Églises du premier siècle étaient d’une singularité en effet, des groupes religieux sans prêtre, temple, ou sacrifice.Les chrétiens eux-mêmes dirigeaient l'Église sous l’Autorité directe du Christ.

Parmi le troupeau étaient les anciens (des bergers ou des surveillants). Ces hommes se tenaient sur un pied d’égalité. Il n'y avait aucune hiérarchie parmi eux. En outre étaient présents des ouvriers locaux supplémentaires qui plantaient des Églises. Ceux-ci étaient appelés «envoyés» ou apôtres. Mais ils ne prenaient pas résidence dans les Églises qu’ils édifiaient. Ni ne les dirigeaient. Le vocabulaire de direction du NT ne permet aucune structure pyramidale. C'est plutôt la communication de relations horizontales qui inclut l'action exemplaire.

Tout ceci demeura vrai jusqu'à ce qu'Ignace d'Antioche (35-107) monte sur la scène. Ignace a été le premier dans l'histoire de l'Église à prendre l'initiative de la pente glissante vers un chef unique dans l'Église. Nous pouvons retracer à lui l'origine de la hiérarchie moderne du pasteur et de l'Église.

Ignace a élevé un des anciens au-dessus de tous les autres. Cet ancien élevé se fait maintenant appeler «l'évêque.» Toutes les responsabilités qui relevaient de l'universalité des anciens étaient exercées par l'évêque.

En A.D. 107, Ignace a écrit une série de lettres sur le chemin dumartyr à Rome. Six sur sept de ces lettres frappent la même corde. Elles sont remplies d'exaltations exagérées de l'autorité et de l'importance de l’office de l'évêque.

Selon Ignace, l'évêque a la puissance ultime et devrait être obéi absolument. Considérez ces extraits de ses lettres: «Tous suivent l'évêque comme Jésus-Christ suit le Père… personne ne doit faire quoi que ce soit dans l'Église sans l’évêque… là où l'évêque apparaît, là est le peuple …. Vous ne devez jamais agir indépendamment de votre évêque et clergé. Vous devriez regarder à votre évêque comme type du Père… celui qu'il approuve, cela est agréable à Dieu…»

D’après Ignace, l'évêque tient la place de Dieu tandis que les prêtres tiennent lieu des douze apôtres.]Il incombait seulement à l'évêque de célébrer le Repas du Seigneur, de diriger les baptêmes, de donner des Conciles, de discipliner des membres de l'Église, d'approuver des mariages, et de prêcher des sermons.

Les anciens s’assoyaient avec l'évêque au Repas du Seigneur. Mais c'était l'évêque qui le présidait. Il prenait la charge de diriger les prières et le ministère publics. Seulement dans les cas les plus extrêmes pouvait-on entendre un prétendu «laïque» prendre le Repas du Seigneur sans la présence de l’évêque.Car l'évêque, dit Ignace, doit «présider» sur les éléments et les distribuer.

Dans l'esprit d'Ignace, l'évêque était le remède pour dissiper la fausse doctrine et établir l'unitéde l'Église.  Ignace croyait que si l'Église devait survivre à l'impact de l’hérésie, elle devait développer une structure de puissance rigide modelée sur la structure politique centralisée de Rome. La règle de l’évêque unique sauverait l'Église de l’hérésie et des différends internes.

Ceci est hitoriquement reconnu comme le «monoepiscopate» ou «épiscopat monarchique.» C'est le type d'organisation où l'évêque se distingue des anciens (le presbytère) et se range au-dessus d’eux.

Au temps d'Ignace, la règle de l’évêque unique ne s'était pas propagée dans d'autres régions.Mais vers le milieu du deuxième siècle, ce modèle était fermement établi dans la plupart des Églises. Vers la fin du troisième siècle, il prévalait partout.

L'évêque est par la suite devenu l'administrateur et le distributeur principal de la richesse de l'Église.Il était l'homme responsable d'enseigner la foi et de savoir ce que le christianisme comporte. L’assemblée autrefois active était maintenant devenue sourde et muette. Les saints observaient simplement l’exécution de l'évêque.

En effet, l'évêque est devenu le pasteur solo de l’Église , le professionnel dans le culte commun.  Il était considéré commele porte parole et le chef de l’assemblée. Celui qui tenait tous les fils. Tous ces rôles ont fait de l'évêque le précurseur du pasteur moderne.

Du pasteur au prêtre

Vers le milieu du troisième siècle, l'autorité de l'évêque prenait la forme de l’office fixe.Alors Cyprien de Carthage (200-258) est apparu, promouvant les dommages.

Cyprien était un ancien orateur et docteur de la rhétorique païenne Quand il est devenu chrétien, il se mit à écrire de façon prolifique. Mais certaines des idées païennes de Cyprien ne furent jamais abandonnées.

En raison de l'influence de Cyprien, la porte était ouverte pour ressusciter l'économie de l’Ancien Testament des prêtres, des temples, des autels, et des sacrifices.Des évêques commencèrent à s'appeler «prêtres,»une coutume qui est devenue commune vers le troisième siècle . Ils se sont également appelés «pasteurs» occasionnellement .Au troisième siècle, chaque Église avait son propre évêque  .Les évêques et les prêtres ensemble commencèrent à s'appeler «le clergé.»

L'origine de la doctrine non biblique de la «couverture» peut être déposée aux pieds de Cyprien également. Cyprien enseignait que l'évêque n'avait d’autre supérieur que Dieu. Il n’est responsable qu’envers Dieu seul. Quiconque se sépare de l'évêque se sépare de Dieu. Cyprien enseignait également qu'une partie du troupeau du Seigneur était affectée à chaque berger individuel (évêque).

Après le Concile de Nicée (325), les évêques commencèrent à déléguer la responsabilité du Repas du Seigneur aux prêtres. Les prêtres étaient un peu plus que des députés de l'évêque, exerçant son autorité dans ses Églises.

Puisque les prêtres dirigeaient le Repas du Seigneur, ils commencèrent à s'appeler «prêtre.»Plus effrayant encore, l'évêque finit par être considéré comme «le grand prêtre» qui pouvait pardonner les péchés !Toutes ces tendances ont obscurci la réalité du NT qui enseigne clairement que tous les croyants sont des prêtres pour Dieu.

Vers le quatrième siècle, cette hiérarchie graduée dominait la foi chrétienne.La caste du clergé était maintenant cimentée. À la tête de l'Église se tenait l'évêque. Sous lui était le collège des prêtres. Sous eux se tenaient les diacres .Et sous cette hiérarchie rampaient les pauvres, malheureux «laïques.» La règle de l’évêque unique est devenue la forme de gouvernement d'Église admise dans tout l'empire romain. (Pendant ce temps, certaines Églises commencèrent à exercer l'autorité sur d'autres Églises, élargissant ainsi la structure hiérarchique.)

Vers la fin du quatrième siècle, les évêques marchaient avec les grands. Ils recevaient des privilèges énormes. Ils devinrent impliqués dans la politique, ce qui les séparère davantage des prêtres. Dans ses tentatives de renforcer l’office de l'évêque, Cyprien a plaidé en faveur d’ une succession ininterrompue des évêques pouvant remonter jusqu’à Pierre.Cette idée est connue en tant que «succession apostolique.»

Dans tous ses écrits, Cyprien utilise la langue officielle du sacerdoce de l’Ancien Testament pour justifier cette pratique.Comme Tertullien (160-225) et Hippolite (170-236) avant lui, Cyprien employa le terme «sacerdoce» pour décrire les prêtres et les évêques.[ Mais il est allé une étape plus loin.

C'est aux pieds de Cyprien que nous pouvons déposer le concept non biblique de la croyance au sacerdotalisme—la croyance qu’il existe une personne divinement désignée comme médiateur entre Dieu et le peuple. Cyprien soutenait que parce que le clergé chrétien se composait de prêtres qui offrent un sacrifice saint (l'eucharistie) ils étaient donc eux-mêmes sacrosaints (saints) !

Nous pouvons également créditer Cyprien avec la notion qui dit que quand le prêtre offre l'eucharistie, il offre réellement la mort du Christ au nom de l’assemblée.Dans l'esprit de Cyprien, le Corps et le sang du Christ sont sacrifiés à nouveau par l'eucharistie. En conséquence, c'est en Cyprien que nous trouvons les semences de la messe catholique médiévale .Cette idée a élargi la marge entre le clergé et les laïcs. Elle a également créé une dépendance malsaine des laïcs sur le clergé.

Le Rôle du Prêtre

Jusqu’au moyen-âge, les prêtres (généralement appelés maintenant les «prêtres») ont joué le deuxième violon de l'évêque. Cependant, durant le moyen- âge il y eut un décalage. Les prêtres commencèrent à représenter le sacerdoce tandis que les évêques étaient occupés par des fonctions politiques .Les prêtres (local) de paroisse sont devenus plus centraux à la vie de l'Église que l'évêque.C'était le prêtre qui se tenait maintenant à la place de Dieu et contrôlaient les sacrements.

Pendant que le latin devenait le langage commun au milieu du quatrième siècle, le prêtre prononcait le hoc est Corpus meum. Ces mots latins signifient «c'est mon Corps.»

Avec ces mots, le prêtre est devenu le superviseur des niaiseries hautaines qui commencèrent à donner la forme à la messe catholique. Ambroise de Milan (339-397) peut être crédité pour l'idée que la seule expression du hoc est Corpus meum a comme par magie transformé le pain et le vin en Corps physique et sang du Seigneur. (l’expression magique «abracadabra» vient du hoc est Corpus meum.) Selon Ambroise, le prêtre a été doté de pouvoirs particuliers pour appeler Dieu à descendre du ciel dans le pain !

En raison de sa fonction sacramentelle, le terme «presbyteros»en est venu à signifier «sacerdos» (prêtre). En conséquence, quand le terme latin «presbyteros» a été repris en français, il a eu la signification de «prêtre» plotôt que sa signification primitive de «ancien.» Ainsi dans l'Église catholique, «le prêtre» était le terme employé couramment pour se rapporter au presbitre local ou ancien.

L'influence de la culture Gréco-Romaine

La culture Greco-Romaine qui enveloppait les premiers chrétiens renforcait la hiérarchie érigée en système qui infiltrait lentement l'Église. La culture Greco-Romaine était hiérarchique par nature. Cette influence s'est infiltrée dans l'Église quand les nouveaux convertis ont introduit leurs bagages culturels dans la communauté croyante.

La hiérarchie humaine et le ministère «officiel» ont institutionalisé l'Église de Jésus-Christ. Vers le quatrième siècle, ces éléments ont durci les artères de l'ekklesia de Dieu, autrefois vivante, respirante dans laquelle le ministère était fonctionnel, inspiré de l’Esprit, organique, et partagé par tous les croyants.

Mais comment et pourquoi est-ce arrivé ?

Nous pouvons le retracer à la période de la mort des ouvriers apostoliques itinérants (planteurs d'Église). Vers la fin du premier et du début du deuxième siècle, les anciens locaux commencèrent à se démarquer comme «successeursrésidents» au rôle unique joué par les ouvriers apostoliques Ce qui donna naissance à une figure principale unique dans chaque Église. Sans l’influence des ouvriers extra-locaux qui avaient été introduits par les apôtres du NT, l'Église commenca à dériver vers les modèles d'organisation présents dans sa culture environnante.

Les docteurs prominents dans l'Église qui avait adopté la pensée païenne avaient également une grande influence. Marchant sur les traces d’Ignace d'Antioche, Cyprien prétendait que l'organisation de l'Église devrait être modelée d’après celle de l'empire romain. En conséquence, l'impérialisme et une hiérarchie irréfutable ont fait irruption dans la foi chrétienne.

Comme nous l’avons déjà vu, le rôle de l'évêque a débuté à la tête d'une Église locale jusqu’à devenir le représentant de tout le monde dans un secteur donné. Les évêques régnaient sur les Églises tout juste comme les gouverneurs romains régnaient sur leurs provinces. Éventuellement, presque toute l’autorité fut remise entre les mains de l'évêque de Rome pour finalement se transformer en «pape.»

Ainsi entre les années A.D. 100 et A.D. 300, la direction d'Église en est venue à être modelée d’après la direction du gouvernement romain. Aussi, la hiérarchie de l’Ancien Testament a été employée pour la justifier.  La règle de l’évêque unique avait englouti le sacerdoce de tous les croyants.

Ignace a efficacement fait de l'évêque l'autorité locale. Cyprien a fait de lui un représentant de toutes les Églises par sa doctrine de succession apostolique.

Constantin et la hiérarchie romaine

Gardez à l'esprit que le monde social dans lequel se répand le christianisme est régi par un dirigeant unique, un empereur. Peu après que Constantin eut pris le trône au début du quatrième siècle, l'Église devint une société organisée de haut en bas et dans tous ses détails.

Edwin Hatch écrit, «la plupart des Églises chrétiennes s'étaient associées ensemble selon l’organisation de l'empire romain…. Le développement de l'organisation des Églises chrétiennes était progressif et les éléments dont cette organisation se composait étaient déjà existants dans la société humaine.»

Nous pouvons retracer la structure de direction hiérarchique dès l’Egypte, Babylone, et la Perse antiques. Elle a plus tard été adoptée par la culture grecque et romaine où elle s'est perfectionnée.

L'historien D.C Trueman écrit, «les Perses ont fait deux contributions exceptionnelles au monde antique: L'organisation de leur empire et de leur religion. Ces deux contributions ont eu une influence considérable sur notre monde occidental. Le système d'administration impériale a été hérité par Alexandre le Grand, adopté par l'empire romain, et par la suite légué à l'Europe moderne.»

Will Durant fait une énonciation semblable disant quele christianisme «s'est développé par l'absorption de la foi et du rituel païens; c'est devenue une Église triomphante héritant des modèles et du génie de l’organisation de Rome… comme la Judée lui avait donné l'éthique du christianisme, et La Grèce la théologie, maintenant Rome lui a donné l'organisation; tout cela, avec des douzaines de croyances absorbées et rivales, est entré dans la synthèse chrétienne.»

Au quatrième siècle, l'Église a suivi les mêmes voies que l'empire romain. L'empereur Constantin a organisé l'Église en diocèses selon le modèle des zones régionales romaines. (la Terme «diocèse» était une limite séculaire qui référait aux divisions administratives plus grandes de l'empire romain.) Plus tard, le pape Grégoire forma le ministère de l'Église entière d’après la réglementation romaine.

Encore une fois Durant déplore, «une fois que le christianisme avaitconquis Rome la structure ecclésiastique de l'Église païenne, le titre et les vêtements de cérémonie du maximus pontifex… et l'apparat de la cérémonie immémoriale, passa comme le sang maternel dans la nouvelle religion, et Rome captive captura son conquérant.»

Tout cela était brutalement contraire à la manière de Dieu envers son Église. Quand Jésus est entré dans le drame de l'histoire humaine, il a effacé l'icône professionnelle religieuse aussi bien que la structure de direction hiérarchique .En tant que prolongement de la nature et de la mission du Christ, l'Église primitive était le premier mouvement à «direction-laique» dans l'histoire. Mais par la mort des apôtres et des hommes qu'ils ont formés, les choses ont commencé à changer.

Depuis cette époque, l'Église de Jésus-Christ a cherché son modèle d'organisation d'Église dans les sociétés dans lesquelles elle était placée. Ceci en dépit de l'avertissement de notre Seigneur qu'il initierait une nouvelle société avec un caractère unique.Dans un contraste saisissant aux dispositions de l’Ancien Testament prises au Mont Sinai, ni Jésus ni Paul n'ont imposé de modèle d'organisation fixe pour le nouvel Israel.

Constantin et la Glorification du Clergé

À partir de A.D. 313-325, le christianisme n'était plus une religion de lutte essayant de survivre au gouvernement romain. Elle se dorait au soleil de l'impérialisme, chargée d'argent et de statut. Être chrétien sous le règne de Constantin n'était plus un handicap. C'était un avantage. Il était à la mode de devenir un membre de la religion de l'empereur, et de faire partie du clergé était de recevoir le plus grand des avantages.

Constantin a exalté le clergé. En A.D. 313, il donna au clergé chrétien l'exemption de payer des taxes, ce que les prêtres païens avaient traditionnellement apprécié.Il les a également rendus exempts de l’office public obligatoire et de d'autres fonctions civiques.  Ils ont été libérés de poursuite par les cours séculaires et de servir dans l'armée. (Les évêques pouvaient être jugés seulement par la cour d'un évêque, pas par les palais de justice ordinaires.)

Dans toutes ces choses, le clergé a obtenu le statut de classe à part. Constantin était le premier à employer les mots «cléricalisme» et «ecclésiastiques» pour dépeindre une classe sociale plus élevée. Il estimait également que le clergé chrétien méritait les mêmes privilèges que les fonctionnaires gouvernementaux. Ainsi les évêques siégeaient comme juges séculaires.

Les ecclésiastiques reçevaient les mêmes honneurs que les plus hauts fonctionnaires de l'empire romain et même de l'empereur lui-même. Le fait brutal est que Constantin donnait aux évêques de Rome plus de puissance qu'aux gouverneurs romains ! Il a également commandé que le clergé reçoive des allocations annuelles fixes (salaire ministériel) !

Le résultat net de cela était alarmant: Le clergé avait le prestige d’officiers de l'Église, les avantages d'une classe privilégiée, et la puissance d'une riche élite.Il était devenu une classe isolée avec un état civil et un mode de vie séparés. (Le célibat de clergé inclu.)

Ils s’habillaient même et se toilettaient différemment des gens du commun. Les évêques et les prêtres rasaient leurs têtes. Cette pratique connue sous le nom de tonsure vient de la vieille cérémonie romaine de l'adoption. Tous ceux qui avaient des têtes rasées étaient connus en tant que «commis» ou «clergé.» Ils ont également commencé à porter les vêtements des fonctionnaires romains.

Nul ne devrait être surpris que tant de gens aux jours de Constantin aient éprouvé un «appel soudain au ministère.» À leur esprit, être un dirigeant d'Église était devenu plus une carrière qu'une vocation.

Une Fausse Dichotomie

Sous Constantin, le christianisme a été identifié et honoré par l'état. Ce qui a brouillé la ligne de démarquation entre l'Église et le monde. La foi chrétienne n'était plus une religion de minorité. Au lieu de cela, elle était protégée par l’Empereur. Par conséquent, l'adhésion àl'Église s'est développée rapidement. Un nombre infini de nouveaux convertis étaient faits dont la plupart à peine convertis. Ils ont introduit une grande variété d’idées païennes dans l'Église. Dans les mots de Will Durant, «Tandis que le christianisme convertissait le monde; le monde convertissait le christianisme, et démontrait le paganisme naturel de l'humanité.»

Comme nous l’avons déjà vu, on commença alors à utiliser la pratique des religions à mystère dans le culte de l'Église.La notion païenne de la dichotomie entre le sacré et le profane réussit à pénétrer la pensée chrétienne. On peut légitimement dire que la distinction entre les classes de clergé/laïcs s'est développée à partir de cette dichotomie même. La vie chrétienne maintenant était divisée en deux parties: Séculaire et spirituelle—sacrée et profane.

Mais vers le quatrième siècle, cette idée fausse était universellement embrassée par les Chrétiens. Elle menait à l'idée profondément confondue qu'il y a des professions sacrées (un appel au «ministère») et des professions ordinaires (un appel à une vocation mondaine).L'historien Philip Schaff décrit correctement ces facteurs comme créant «la sécularisation de l'Église» où «le pur courant du christianisme» était devenu pollué.]Prenez note que cette dichotomie erronée vit toujours dans l’esprit de la plupart des croyants aujourd'hui. Mais le concept est païen, non chrétien. Il nie la réalité du NT que la vie quotidienne est sanctifiée par Dieu.

Clément de Rome (mort en l’an 100) a été le premier auteur chrétien à faire une distinction entre le statut des chefs et des non-chefs chrétiens. Il est le premier à employer le terme «laïcs» en opposition aux ministres. Clément prétendait que l'ordre de l’Ancien Testament des prêtres devrait trouver sa réalisation dans l'Église chrétienne.

Tertullien est le premier auteur à employer le terme «clergé» pour se rapporter à une classe séparée de chrétiens.Tertullien et Clément d'Alexandrie (150-215) ont popularisé le terme «clergé» dans leurs écrits.

Vers le troisième siècle, l'écart clergés/laïcs s'est élargi au point de non retour.Les ecclésiastiques étaient les chefs qualifiés de l’Église—les gardiens de l’orthodoxie—des docteurs du peuple. Ils possédaient les dons et les grâces non disponibles au moindre des mortels.

Les laïcs étaient deuxième-classe, des chrétiens non qualifiés. Le grand théologien Karl Barth a correctement dit, «le terme «laïcs» est une des plus mauvaises expressions du vocabulaire de la religion et doit être bani de la conversation chrétienne.»

Les termes «clergé» et «laïcs» n'apparaissent pas dans le NT.Non plus le concept qu'il y ait ceux qui font le ministère (clergé) et ceux à qui le ministère est donné (les laïcs). Ainsi ce que nous avons en Tertullien et les deux Cléments est une rupture claire de la pensée chrétienne du premier siècle où tous les croyants partagent le même statut.

La distinction entre le clergé et le laïc —le pupître et la congrégation appartiennent à l'autre côté de la croix. Avec la Nouvelle Alliance en Christ, le clergé et les laïcs sont supprimés. Il y a seulement le peuple de Dieu.

Avec ces changements de pensée est venu un nouveau vocabulaire. Les chrétiens commencaient à adopter le vocabulaire des cultes païens. Le titre de pontifex (pontife, un titre païen) est devenu un terme commun pour le clergé chrétien au quatrième siècle. Ainsi que «maître de cérémonie,» et «grand maître de la loge.»Tout ceci renforca la mystique du clergé en tant que gardien des mystères de Dieu.

Vers le cinquième siècle, la pensée du sacerdoce de tous les croyants avait complètement disparu de l'horizon chrétien. L'accès à Dieu était maintenant commandé par la caste du clergé. Le célibat du cléricalisme commenca à s’imposer. La communion peu fréquente est devenue une habitude régulière des soi disants laïcs. Le bâtiment d'Église était maintenant voilé avec l'encens et la fumée. Les prières du clergé étaient dites dans le secret. Le petit mais profondément significatif écran de séparation entre le clergé et les laïcs était introduit.

En somme, vers la fin du quatrième siècle jusqu’au cinquième, le clergé était devenu une caste sacerdotale— «un groupe élited'hommes saints.» Ce qui nous mène au sujet épineux de l’ordination.

L'erreur de l’ordination

Au quatrième siècle, la théologie et le ministère étaient le domaine des prêtres. Le travail et la guerre étaient le domaine des laïcs. Quel était le rite de passage dans le royaume sacré du prêtre ? L’Ordination.

Avant que nous n’ examinions les racines historiques de l’ordination, voyons comment la direction s’identifiait dans l'Église primitive. Les ouvriers apostoliques (planteurs d'Église) du premier siècle revisitaient une Église après une certaine période. Dans certaines de ces Églises, les ouvriers reconnaîssaient publiquement des anciens. Dans tous les cas, les anciens étaient déjà «en place» avant qu'ils soient publiquement approuvés.

Les anciens émergeaient naturellement dans une Église par le processus du temps. Ils n’étaient pas nommés à un office externe .Au lieu de cela, ils étaient identifiés en vertu de leur ancienneté et contribution à l'Église. Selon le NT, l'identification de certains membres doués est une chose instinctive et organique.Il y a un principe interne chez chaque croyant d'identifier les divers ministères dans l'Église.

De façon saisissante, il y a seulement trois passages dans le NT qui nous indiquent que des anciens étaient publiquement identifiés. Des anciens ont été reconnus dans les Églises de Galatie. Paul a dit à Timothée de reconnaître des anciens dans Éphèse. Il a également dit à Tite de les identifier dans les Églises de Crète.

Les mots «ordonnent» (KJV) dans ces passages ne signifient pas élever au rang d’officiant. Ils portent plutôt l'idée primitive d'approuver, de confirmer, et de montrer ce qui s'était déjà produit. Ils portent également la pensée de la bénédiction.L'identification publique des anciens et d'autres ministères était typiquement accompagnée de l’imposition des mains par les ouvriers apostoliques. (Dans le cas d’ouvriers devant être envoyés, ceci était fait par l'Église ou les anciens.)

Au premier siècle, l’imposition des mains signifiait uniquement l'approbation ou l'affirmation d'une fonction, non pas l'installation dans un office ou l’administration d’un statut spécial. Regrettablement, elle en est venue à signifier exactement cela à la fin du deuxième et au début du troisième siècle.

Au troisième siècle, «l’Ordination» a pris une signification entièrement différente. Elle est devenue un rite chrétien formalisé. Vers le quatrième siècle, la cérémonie de l’ordination a été embellie par des vêtements symboliques et le rituel solennel.L’ordination a produit une caste ecclésiastique qui a usurpé le sacerdoce de la foi.

D'où supposez-vous que les chrétiens aient obtenu leur modèle de l’Ordination ? Ils ont modelé leur cérémonie de l’Ordination d’après la coutume romaine de nommer des hommes à l’ office civil[.Le processus entier jusqu’aux mots mêmes est venu directement du monde civique romain !

Vers le quatrième siècle, les termes utilisés pour la nomination à l’office romain et pour l’ordination chrétienne sont devenus synonymes.Quand Constantin a fait du christianisme la religion de choix, les structures de direction d'Église étaient étayées par sanction politique.Les formes du sacerdoce de l’Ancien Testament étaient combinées avec la hiérarchie grecque. Malheureusement, l'Église était bloquée dans cette mouvelle forme, tout comme elle l'est aujourd'hui.

Augustin (293-373) abaissa la barre davantage en enseignant que l’ordination confère «une impression indélébile» sur le prêtre, ce qui l'autorise à accomplir ses fonctions sacerdotales ! Pour Augustin, l’ordination était une possession permanente qui ne pouvait pas être retirée.

L’ordination chrétienne, alors, en est venue à être comprise comme constituant la différence essentielle entre le clergé et les laïcs. Par elle, le clergé était autorisé à administrer les sacrements. On croyait que le prêtre, qui assure le service divin, devrait être le plus parfait et saint de tous les chrétiens.

Grégoire de Nazianzus (329-389) et Chrysostome (347-407) ont élevé la norme tellement haut pour les prêtres que le danger est apparu indistinctement pour eux s'ils ne vivaient pas selon la sainteté de leur service. Selon Chrysostome, le prêtre est comme un ange. Il n'est pas fait de la même substance frêle que le reste des hommes !

Comment le prêtre devait-il vivre dans un tel état de sainteté pure ? Comment serait-il digne de servir dans «le choeur des anges» ? La réponse était l’Ordination. Par l’Ordination, le courant des grâces divines coulait dans le prêtre, faisant de lui un réceptacle convenable à l'usage de Dieu. Cette idée, également connue sous le nom de «dotation sacerdotale» apparaît premièrement en Grégoire de Nyssa (330-395).

Grégoire soutenait que l’ordination faisait invisiblement mais réellement du prêtre, «un homme différent et meilleur,» l'élevant haut au-dessus des laïcs. «La même puissance de la Parole,» dit Grégoire, «rend le prêtre vénérable et honorable, séparé… alors qu’ hier il était un de la masse, un du peuple, il était soudainement transformé en guide, en président, en docteur de justice, en instructeur des mystères cachés…»

Écoutez les termes d'un document du quatrième siècle: «L'évêque est le ministre de la Parole, le gardien de la connaissance, le médiateur entre Dieu et vous dans plusieurs parties de votre culte divin…. Il est votre directeur et gouverneur…. Il se place juste après Dieu et est votre dieu terrestre, que tu dois honorer.»

Par l’ordination, on accordait au prêtre (ou à l'évêque) des pouvoirs divins particuliers afin d'offrir le sacrifice de la messe. L’ordination faisait de lui également une classe d’hommes complètement séparés et saints! Les prêtres en sont venus à être identifiés en tant que «curés de Dieu sur la terre.» Ils faisaient partie d'un ordre particulier d’hommes. Un ordre indépendant des prétendus «membres de la congrégation» de l'Église.

Pour démontrer cette différence, le style de vie du prêtre et sa robe étaient différents de celui des laïques. Malheureusement, ce concept de l’Ordination n'a jamais quitté la foi chrétienne. Il est bien vivant dans le christianisme moderne. En fait, si vous vous demandez pourquoi et comment le pasteur moderne en est venu à être ainsi exalté en tant qu’«homme saint de Dieu,» ce sont là ses racines.

Eduard Schweizer, dans son oeuvre Church Order in the New Testament, soutient le fait que Paul ne savait rien au sujet d'une Ordination confèrant des pouvoirs ministériels ou cléricals à un chrétien. Les bergers dupremier siècle (anciens, surveillants) n'ont reçu rien qui ressemble à l’ordination moderne. Ils n’étaient jamais placés au-dessus du reste du troupeau. Ils étaient ceux qui servent parmi eux.

Les anciens du premier siècle étaient uniquement approuvés publiquement par les ouvriers extérieurs en tant que ceux qui prenaient soin de l'Église. Une telle reconnaissance était uniquement l'identification d'une fonction. Elle neconférait pas de pouvoirs particuliers. Ni n’était une possession permanente comme Augustin le croyait.

La pratique moderne de l’ordination crée une caste spéciale de chrétien. Que ce soit le prêtre dans le catholicisme ou le pasteur dans le protestantisme, le résultat est identique: Le ministère le plus important est réservé à quelques croyants «spéciaux».

Une telle idée est aussi préjudiciable qu'elle est nonscripturale. Le NT nulle part ne limite de prêcher, baptiser, ou distribuer le Repas du Seigneur aux «ordonnés.» L’éminent érudit James D.G. Dunn le dit bien quand il dit que la tradition de clergé-laïcs a fait plus pour miner l'autorité du NT que la plupart des hérésies !

Puisque l’office d'Église pouvait seulement être obtenu par le rite de l’ordination, la puissance d'ordonner est devenue la question cruciale en ce qui concerne l'autorité religieuse. Le contexte biblique a été perdu. Et des méthodes de «preuve contextuelle» ont été employées pour justifier la hiérarchie clergé/laïcs. Le croyant ordinaire, généralement inculte et ignorant, était à la mercie d'un clergé professionnel !

La Réforme

Les réformateurs du XVIe siècle ont remis le sacerdoce catholique brusquement en question. Ils ont attaqué l'idée que le prêtre possédait des pouvoirs particuliers pour convertir le vin en sang. Ils ont rejeté la succession apostolique. Ils ont encouragé le clergé à se marier. Ils ont mis à jour la liturgie pour donner à l’assemblée plus de participation. Ils ont également supprimé l’office de l'évêque et ont réduit le prêtre à un ancien.

Malheureusement,les réformateurs ont importé la distinction catholique clergé/laïcs directement dans le mouvement protestant. Ils ont également gardé l'idée catholique de l’ordination. Bien qu'ils aient supprimé l’office de l'évêque, ils ont ressuscité la règle de l’évêque unique, le revêtant d’une nouvelle tenue.

Le cri de ralliement de la Réforme était la restauration du sacerdoce de tous les croyants. Cependant, cette restauration était seulement partielle. Luther (1483-1546), Calvin (1509-1564), et Zwingli (1484-1531) affirmaient le sacerdoce du croyant en ce qui concerne sa relation individuelle avec Dieu. Ils ont correctement enseigné que chaque chrétien avait l'accès direct à Dieu sans le besoin d'un médiateur humain. C'était une restauration merveilleuse, mais partielle.

Ce que les réformateurs n'ont pas fait était de récupérer la dimension Corporative du sacerdoce des croyants. Ils ont reconstitué la doctrine du sacerdoce des croyants, seulement en tant que relative au salut. Mais ils ne l'ont pas reconstitué ecclesiologiquement—i.e., en rapport avec l'Église

En d'autres termes, les réformateurs ont seulement rétabli le sacerdoce du croyant (singulier). Ils nous ont rappelés que chaque chrétien avait un accès individuel et immédiat à Dieu. Aussi merveilleux que cela puisse être, ils n'ont pas récupéré le sacerdoce de tous les croyants (pluriel collectif). C'est la vérité bénie que chaque chrétien fait partie d'une communauté qui partage la Parole de Dieu ensemble. (Ce sont les Anabaptistes qui ont rapatrié cette pratique. Regrettablement, ce rétablissement était l'une des raisons pour lesquelles les épées protestantes et catholiques étaient rouges du sang Anabaptiste.)

Tandis que les réformateurs s'opposaient au pape et à sa hiérarchie religieuse, ils se tenaient toujours la vue étroite du ministère qu’ils avaient hérité. Ils croyaient que le «ministère» était une institution réservée pour les peu qui «sont appelés» et «ordonnés.» Les réformateurs soutenaient toujours ainsi la disparité clergé-laïcs. Seulement dans leur rhétorique, ils déclarent que tous les croyants étaient des prêtres et des ministres. Dans leur pratique, ils l'ont niée. Ainsi après que la poussière de la Réforme se soit dégagée, nous sommes revenus à ce que les catholiques nous avaient légué—le sacerdoce sélectif !

Luther tenait à l'idée qui ceux qui prêchent devaient nécessairement être particulièrement formés. Comme les catholiques, les réformateurs soutenaient que seulement «le ministre ordonné» pouvait prêcher, baptiser, et diriger le Repas du Seigneur En conséquence, l’ordination a donné au ministre une aura spéciale de faveur divine qui ne pouvait remettre en cause.

Tragiquement, Luther et les autres réformateurs ont violemment dénoncé les Anabaptistes pour la pratique du ministère de chaque membre dans l'Église.L'Anabaptiste croyait qu'il était le droit de chaque chrétien de se lever et parler lors d'une réunion. Ce n'était pas le domaine du clergé. Luther était ainsi opposé à cette pratique qu'il disait venir «du puits de l'enfer» et ceux qui étaient coupables devraient être mis à mort ! (voyez votre héritage cher Chrétien Protestant!)

En bref, les réformateurs ont maintenu l'idée que l’ordination était la clef de la puissance dans l'Église. C'était le devoir du ministre ordonné de donner la révélation de Dieu à son peuple. Et il était payé pour ce rôle.

Comme le prêtre catholique, le ministre reformé était considéré par l'Église comme «l’hommede Dieu» le médiateur payé entre Dieu et son peuple.Pas un médiateur pour pardonner les péchés, mais un médiateur pour communiquer la volonté divine. Ainsi dans le protestantisme un ancien problème a pris une nouvelle forme. Le jargon a changé, mais le poison est resté.

Du prêtre au pasteur

Jean Calvin n’aimait pas le terme «prêtre» pour se référer à des ministres. Il préférait le terme «pasteur». Dans l'esprit de Calvin, «pasteur» était le terme le plus élevé pour désigner le ministère. Il l'aimait parce que la Bible s'est rapportée à Jésus-Christ, comme «le grand berger des brebis» (Heb. 13:20). Ironiquement, Calvin a cru qu'il reconstituait l'évêque du NT (episkopos) en la personne du pasteur !

Luther non plus n’aimait pas le terme «prêtre» pour définir les nouveaux ministres protestants. Il écrit, «nous ne pouvons ni devons donner le titre de prêtre à ceux qui sont responsables de la Parole et du sacrement parmi le peuple. La raison pour laquelle il est appelé prêtre est la coutume des peuple païens ou comme vestige de la nation juive. Le résultat est nuisible à l'Église.» Ainsi il a aussi adopté les termes «prédicateur,» «ministre,» et «pasteur» pour se référer à ce nouvel office.

Zwingli et Martin Bucer (1491-1551) ont également favorisé le terme «pasteur.» Ils ont écrit des traités populaires là-dessus. ]En conséquence, le terme commença à imprégner les Églises de la Réforme. Cependant, étant donné leur obsession pour la prédication, le terme préféré des réformateurs pour le ministre était «prédicateur.» C’était aussi que les gens du commun les appelaient généralement.

Ce n'est pas avant le XVIIIe siècle que le terme «pasteur» a hérité de l'utilisation commune, éclipsant «prédicateur» et «ministre.» Cette influence est venue du Piétiste luthérien. Depuis lors le terme s’est répandu dans le christianisme traditionnel.

Néanmoins, les réformateurs ont élevé le pasteur pour en faire le chef et la tête de l'Église. Selon Calvin, «l’office pastoral est nécessaire pour préserver l'Église sur terre d'une plus grande manière que le soleil, la nourriture, et la boisson sont nécessaires pour nourrir et soutenir la vie actuelle.»

Les réformateurs croyaient que le pasteur possédait la puissance et l'autorité divines. Il ne parle pas en son propre nom, mais au nom de Dieu. Calvin a renforcé la supériorité du pasteur en considérant les actions de mépris ou de ridicule envers le ministre en tant qu'offenses publiques sérieuses.

Ce n’est pas dutout surprenant quand vous réalisez de quel modèle Calvin s’est servi pour le ministère. Il n'a pas considéré l'Église de l'âge apostolique. Au lieu de cela, il s’est servi du modèle la règle de l’évêque unique du deuxième siècle ! Cela vaut aussi bien pour les autres réformateurs.

L'ironie ici est que Jean Calvin reprochait à l'Église catholique d’avoir établi ses pratiques sur «des inventions humaines» plutôt que sur la Bible. Mais Calvin a fait la même chose ! À cet égard, les protestants sont aussi coupables que les catholiques. Les deux dénominations basent leurs pratiques sur la tradition humaine.

Calvin enseignait que la prédication de la Parole de Dieu et l'administration appropriée des sacrements sont les signes d'une vraie Église. Dans sa pensée, la prédication, le baptême, et l'eucharistie devaient être célébrés par le pasteur et non par l’assemblée. Pour tous les réformateurs, la fonction primaire d'un ministre est la prêche.

Comme Calvin, Luther a également fait du pasteur un office séparé et exalté. Tandis qu'il arguait que les clefs du royaume appartenaient à tous les croyants, Luther a confiné leur utilisation à ceux qui tenaient des offices dans l'Église. «Nous sommes tous prêtres,» avait dit Luther, «autant que nous sommes des chrétiens, mais ceux que nous appelons prêtres sont des ministres choisis parmi nous pour agir en notre nom, et leur sacerdoce est notre ministère.»

Malheureusement, Luther a cru que tous sont dans le sacerdoce, mais pas tous peuvent exercer le sacerdoce.C'est du sacerdotalisme, pur et simple. Luther s'est séparé du camp catholique du fait qu’il rejetait un sacerdoce de sacrifice. Mais à sa place, il a cru que le ministère de la Parole de Dieu appartenait à un ordre exclusif.

Lisez bien ces quelques déclarations typiques de Luther dans son exaltation du pasteur: «Dieu parle par le prédicateur… un prédicateur chrétien est un ministre de Dieu mis à part, oui, il est un ange de Dieu, un évêque envoyé par Dieu, un sauveur de beaucoup de gens, un roi et prince dans le royaume du Christ… là n'est rien de plus précieux ou plus noble sur terre et dans cette vie qu'un pasteur ou un prédicateur vrai et fidèle.»

Il dit aussi, «nous ne devrions pas permettre à notre pasteur de dire les Paroles du Christ tout seul comme s'il les disait pour lui-même;plutôt, il est la bouche de tous et nous les disons avec lui dans nos coeurs…. C'est une chose merveilleuse que la bouche de chaque pasteur soit la bouche du Christ, donc vous devez écouter le pasteur pas en tant qu'homme, mais comme Dieu.» Vous pouvez entendre l’écho d'Ignace résonner dans les paroles de Luther.

Ces idées ont corrompu la perception de Luther de l'Église. Il pensait qu'elle n'était d’autre qu'une station de prédication. «L’assemblée chrétienne,» a dit Luther, «ne devrait jamais se réunir à moins que la Parole de Dieu soit prêchée et la prière dite, peut importe la durée.» Luther a cru que l'Église était uniquement une réunion du peuple qui écoute la prédication. Pour cette raison, il a appelé l’édifice d'Église Mundhaus, qui signifie une bouche ou une maison de discours ! Il a également fait cette déclaration: «Les oreilles sont les seuls organes d'un chrétien.»

Cher Chrétiens Protestants, voyez vos racines !

La Cure des Âmes

Calvin et Luther partagaient l'opinion que les deux fonctions principales du pasteur étaient la proclamation de la Parole (prédication) et la célébration de l'eucharistie (communion). Mais Calvin a ajouté un troisième élément. Il a souligné que le pasteur avait un devoir de prodiguer la cure à l’assemblée.[201][201] Cette pratique est connu comme la «cure des âmes.»

La «cure des âmes» vient des quatrième et cinquième siècles. Nous la trouvons dans l'enseignement de Grégoire de Nazianzus. Grégoire appelait l'évêque un — «pasteur» un médecin des âmes qui diagnostique les maladies de son patient et prescrit la médecine ou le couteau.

Les premiers disciples de Luther ont également pratiqué la cure des âmes. Mais dans la Genève de Calvin, elle a été élevée à une forme d'art. Chaque pasteur et ancien étaient requis de visiter les maisons des membres de leur congrégation. On a également observé des visites régulières aux malades et aux prisonniers.

Pour Calvin et Bucer, le pasteur n'était pas uniquement un prédicateur et un distributeur des sacrements. Il était la «cure des âmes» ou le «curé.» Sa tâche était d'apporter le soin, la cure, et compassionau peuple souffrant de Dieu.

Cette idée vit dans le monde protestant aujourd'hui. On le voit aisément dans les concepts modernes «de soin pastoral,» «consultation pastorale,» et «la pseudopsycho chrétienne.» Dans l'Église moderne, le fardeau d'un tel soin tombe sur les épaules d'un seul homme: le pasteur. (Au premier siècle, il incombait à l'Église entière et à un groupe d'hommes chevronnés appelés «anciens.»)

La Primauté du Pasteur

En bref, la Réforme protestante a frappé un coup au sacerdotalism catholique. Mais ce n'était pas un coup mortel. Les réformateurs maintenaient toujours la règle de l’évêque unique. Elle a uniquement subi un changement sémantique. Le pasteur va maintenant jouer le rôle de l'évêque. Il en est venu à être considéré comme la Tête locale, un principal ancien de l’Église. Comme le dit un auteur, «dans le protestantisme, les prédicateurs tendent à être les porte-parole et les représentants de l'Église et l'Église est souvent l'Église du prédicateur. C'est un grand danger et menace à la religion chrétienne, non sans relation au cléricalisme.»

Les Réformes faites par les réformateurs n'étaient pas assez radicales pour détourner la marée enclenchée par Ignace et Cyprien. La Réforme a embrassé la structure hiérarchique catholique avec une acceptation irréfléchie. Elle a également maintenu la distinction non scripturale entre ordonné et non ordonné.

Dans leur rhétorique, les réformateurs ont décrié la séparation clergé-laïcs. Mais, dans leur pratique, ils l'ont entièrement maintenue. Comme Kevin Giles l’indique, «lesdifférences entre le clergé catholique et protestant ont été brouillées dans la pratique et la théologie. Dans les deux genres d'Églises, le clergé était une classe à part; dans les deux, leur statut spécial reposait sur des initiatives divines (négociées de différentes manières); et dans les deux, certaines fonctions leur étaient réservées.»

La longue tradition postbiblique de la règle de l’évêque unique (maintenant incorporée dans le pasteur) règne toujours dans l'Église protestante d’aujourd'hui. Puisque la ligne de démarcation clergés/laïcs est gravée dans la pierre, il existe des pressions psychologiques énormes qui obligent le prétendu peuple à estimer que le ministère est la responsabilité du pasteur. «C'est son travail. Il est l'expert,» telle est la pensée.

Le terme du NT pour ministre est diakonos. Il signifie «serviteur.» Mais ce mot a été prostitué parce que les hommes ont professionnalisé le ministère. Nous avons pris le mot«ministre» et l'avons superposé avec le pasteur sans justification scripturale quelquonque. De manière semblable, nous avons superposé la prédication et le ministère avec le sermon de pupitre. Encore, sans justification biblique.

D’après la tendance de Calvin et de Luther, les auteurs puritains Jean Owen (1616-1683) et Thomas Goodwin (1600-1680) ont élevé le Pastorat comme l’utilitaire unique etpermanent dans la maison de Dieu.Owen et Goodwin ont influencé les puritains à focaliser toute l'autorité dans le rôle pastoral.Selon eux, le pasteur a reçu «la puissance des clefs.» Lui seul est ordonné pour prêcher, administrer les sacrements, lire les Écritures publiquement,et compétent dans les langues bibliques originales, aussi bien que la logique et la philosophie.

Les réformateurs et les puritains ont tous deux retenus l'idée que les ministres de Dieu doivent être des professionnels compétents. Par conséquent, les pasteurs doivent avoir la formation scolaire spécialisée pour remplir leur office.

Tous ces éléments expliquent comment et pourquoi le pasteur est maintenant traité comme une classe d'élite… un chrétien exceptionnel… quelqu'un à vénérer (par conséquent le titre «révérend»). Le pasteur et son pupitre prédominent sur le culte protestant.

Comment le pasteur détruit la vie du Corps

Maintenant que nous avons déterré les racines du pasteur moderne, tournons notre attention sur les effets pratiques qu'un pasteur produit sur le peuple de Dieu.

La distinction non scripturale de clergé/laïc a fait un mal incalculable au Corps du Christ. Elle a divisé la communauté en croyants de première et deuxième classe. La dichotomie clergé/laïc perpétue une fausseté terrible. À savoir, que quelques chrétiens sont plus privilégiés que d'autres pour servir le Seigneur.

Notre ignorance de l'histoire de l'Église nous a aveuglément volé une grande partie de notre héritage collectif. Le ministère individuel est entièrement étranger au NT, pourtant nous l'embrassons tandis qu'il suffoque notre fonctionnement. Nous sommes des pierres vivantes, non mortes. Cependant, l’office pastoral nous a transformés en pierres qui ne respirent pas.

Permettez-moi devenir personnel. L’office pastoral vous a volé votre droit de fonctionner comme membre du Corps du Christ ! Il a fermé votre bouche et vous a attaché à un siège. Il a tordu la réalité du Corps, faisant du pasteur une bouche géante et vous une oreille minuscule. Il vous a rendu spectateur muet à peine compétent à prendre des notes de sermon et à passer un plateau pour l’offrande !

Mais ce n'est pas tout. L’office pastoral moderne a renversé la pensée principale de la lettre aux Hébreux—la fin de l’Ancien sacerdoce. Il a rendu inefficace l'enseignement de 1 Corinthiens 12-14, que chaque membre a le droit et le privilège du service lors d'une réunion d'Église. Il a vidé le message de 1 Pierre 2 qui révèle que chaque frère et sœur est un prêtre dans le service.

Un prêtre en service ne signifie pas que vous pouvez seulement exécuter des formes pincées de ministère comme nommer des cantiques de votre siège, lever les mains pendant le culte, avoir l’air transparents, ou enseigner une classe d'école de dimanche. Ce n'est pas l'idée du ministère du NT. Ce sont là seulement des aides pour le ministère du pasteur ! Comme un disciple l'a dit, «beaucoup de cultes protestants, jusqu'à aujourd'hui ont également été infectés par une tendance accablante de considérer le culte comme le travail du pasteur (et peut-être du choeur) avec la majorité des laïcs ayant très peu à faire sauf pour chanter quelques hymnes et pour écouter d'une manière pieuse et attentive.»

Nous traitons le pasteur comme s’il était l'expert professionnel. Nous nous attendons à ce que les docteurs et les ministres nous servent, pas pour nous apprendre à servir les autres. Et pourquoi ? Parce qu'ils sont les experts. Ils sont les professionnels qualifiés. Malheureusement, nous considérons le pasteur de la même manière. Toute cette manière de faire s’élève contre le fait que chaque croyant est un prêtre, non seulement devant Dieu, mais les uns envers les autres.

Mais il y a quelque chose d’autre. Le Pastorat moderne rivalise contre l’Autorité fonctionnelle du Christ dans son Église. Il tient d'une manière illégitime la place unique de la centralité et de l’Autorité parmi le peuple de Dieu, une place réservée seulement pour la Personne du Seigneur Jésus. Jésus-Christ est le seul chef sur l’Église et le mot final. ]Par son office, le pasteur déplace et supplante l’Autorité du Christ en s'établissant comme tête humaine de l'Église.

Pour cette raison, rien ne gêne autant la réalisation du but éternel de Dieu que le rôle pastoral moderne. Pourquoi ? Parce que ce but est de visiblement manifester l’Autorité du Christ dans l'Église par le libre fonctionnement de chaque membre du Corps. Tant et aussi longtemps que l’office pastoral demeure, vous ne serez jamais témoins d'une telle manifestation.

Comment le pasteur se détruit lui-même

Le pasteur moderne non seulement endommage le peuple de Dieu, il s’endommage lui-même. L’office pastoral a l’habitude de gaspiller tout ce qui lui tombe entre les mains. La dépression, l’épuisement, le stress, et la dépression émotive sont terriblement élevés parmi les pasteurs. À l'heure où l’on se parle, il y a censément plus de 500.000 pasteurs servant des Églises aux États-Unis. De ce nombre, considèrez les statistiques suivantes qui mettent à nu le danger mortel de l’office pastoral:

C 94% Ressentent la pression d’avoir une famille idéale.

C 90% Travaillent plus de 46 heures par semaine.

C 81% Ont du temps insuffisant avec leurs conjoints.

C 80% croient que le ministère pastoral affecte leur famille négativement.

C 70% n'ont personne qu'ils considèrent comme ami intime.

C 70% ont l’estime de soi inférieur à quand ils ont débuté le ministère.

C 50% se sentent incapables de satisfaire les besoins du travail.

C 80% sont découragés ou traitent la dépression.

C40%+ Rapportent qu'ils souffrent d’épuisement, de programmes effrénés, et d’espérances peu réalistes.

C 33% considèrent le ministère pastoral un risque pure pour la famille.

C 33% ont sérieusement considéré laisser leur position dans la dernière année.

C 40% des démissions pastorales sont dû à l’épuisement.

On s'attend à ce que la plupart des pasteurs jonglent 16 tâches principales à la fois. ]Et la plupart s’effondrent sous la pression. Pour cette raison, 1.600 ministres dans toutes les dénominations à travers les États-Unis sont remerciés ou forcés de démissionner chaque mois. Au cours des 20 dernières années, la durée moyenne d'un pastorat a diminué de sept ans à seulement deux ans !

Malheureusement, peu de pasteurs ont fait la relation pour découvrir que c'est leur office qui cause cette turbulence fondamentale. À vrai dire: Jésus-Christ n'a jamais eu l'intention que personne ne porte tous les chapeaux! Il n'a jamais eu l'intention que qui que ce soit ne porte une telle charge.

Les exigences du pastorat sont écrasantes. Tellement qu’elles exténueront n’importe quel mortel. Imaginez un moment que vous travaillez pour une compagnie qui vous paye sur la base de la façon dont vous incitez vos gens à se sentir ? Et si votre salaire dépendait de la façon dont vous les divertissez, sur votre convivialité, sur la popularité de votre épouse et de vosenfants, sur la façon dont ils s’habillent, et sur la perfection de votre comportement ?

Pouvez-vous imaginer le stress non mitigé que ça vous causerait ? Pouvez-vous voir comment une telle pression vous forcerait à jouer un role prétentieux pour garder votre puissance, votre prestige, et votre sécurité d'emploi ? (Pour cette raison, la plupart des pasteurs sont imperméables à recevoir tout genre d'aide.)

La profession pastorale dicte des normes de direction comme n'importe quelle autre profession, que ce soit docteur, médecin, ou avocat. La profession dicte comment les pasteurs doivent s'habiller, parler, et agir. C'est l'une des raisons principales pour lesquelles beaucoup de pasteurs vivent des vies très artificielles.

À cet égard, le rôle pastoral stimule la malhonnêteté. Les membres d'une congrégation s'attendent à ce que leur pasteur soit toujours gai, disponible à l'appel du moment, jamais irrité, jamais amer, qu’il ait une famille parfaitement disciplinée, et soit complètement spirituel à tout moment.Les pasteurs jouent ce rôle comme des acteurs dans un drame grec. Ce qui explique le changement étrange de voix quand la plupart des pasteurs prient. Ce qui explique aussi la manière pieuse quand ils joignent les mains. La manière unique qu’ils disent «le Seigneur» (typiquement prononcé «le Seignur»). Et la manière spéciale qu’ils s'habillent.

Toutes ces choses sont en grande partie de la poudre aux yeux—vides de toute réalité spirituelle. La plupart des pasteurs ne peuvent pas rester dans leur office sans être corrompu à un certain niveau. La puissance-politique endémique de l’office est un problème énorme qui isole bon nombre d'entre eux et empoisonne leur rapport avec les autres.

Dans un article perspicace destiné aux pasteurs intitulé: «Preventing Clergy Burnout» , l'auteur suggère quelque chose qui effraye. Son conseil aux pasteurs nous donne un coup d'oeil clair dans la puissance-politique qui est assortie au pastorat. Il implore les pasteurs «d’avoir communion avec le clergé d'autres dénominations. Ces personnes ne peuvent pas vous nuire ecclésiastiquement, parce qu'elles ne sont pas de votre cercle officiel. Il n’y a aucune contrainte politique qu'elles ne peuvent tirer pour vous défaire.»

La solitude professionnelle est un autre virus qui fonctionne largement parmi des pasteurs. La peste de la solitude conduit quelques ministres dans d'autres carrières. Elle en conduit d'autres vers des destins plus cruels.

Toutes ces pathologies trouvent leur racine dans l'histoire du pastorat. Il est «seul au sommet» parce que Dieu n'a jamais eu l'intention pour que n'importe qui soit au sommet excepté son Fils ! En effet, le pasteur moderne essaye d'accomplir les 58 exhortations du NT «lesuns les autres» tout seul.Ce n'est donc aucune surprise que la plupart d'entre eux soient écrasés sous le poids.

Conclusion

Le pasteur moderne est l'élément du christianisme moderne le moins remis en question. Pourtant il n'a pas un iota dans les Écritures pour démontrer son existence ni une feuille de figuier pour le couvrir !

Plutôt, le pasteur moderne a été créé à partir de la règle de l’évêque unique d'abord engendrée par Ignace et Cyprien. L'évêque s'est transformé en presbitre local. Au Moyen-Âge, le prêtre s'est développé en prêtre catholique. Pendant la Réforme, il a été transformé en «prédicateur,» «le ministre,» et finalement «en pasteur» l'homme sur qui tout le protestantisme s’accroche. Pour rédiger tout cela à une seule phrase: Le pasteur protestant n'est rien d’autre qu'un prêtre catholique légèrement reformé !

Les prêtres catholiques avaient sept fonctions à l'heure de la Réforme: Prédication, les sacrements, prières pour le troupeau, une vie pieuse, discipline, rites d'Église, soutient aux pauvres, et visite aux malades. Le pasteur protestant se charge de toutes ces responsabilités en plus de bénir parfois des événements civiques.

Le célèbre poète Jean Milton a dit: Le «nouveau prêtre n’est rien d’autre que l’ancien agrandi !» Ce qui veut dire: Le pasteur moderne n’est rien d’autre que l’ancien prêtre écrit dans de plus grandes lettres !

Je me suis accompli à l’université de laBible. Je suis allé au séminaire et je me suis accompli dans la seule chose qu'ils enseignent là: le ministère professionnel. Quand j'ai reçu mon diplôme, je me suis rendu compte que je pouvais parler latin, grec, et hébreu, et la seule chose sur terre pour laquelle j’étais qualifié était d’être pape. Mais quelqu'un d'autre occupait déjà le poste.

 


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